Regard sur l’Industrie Martiniquaise

samedi 10 novembre 2012

Troisième secteur économique de l’île, fer de lance de l’économie locale, l’industrie martiniquaise montre chaque jour son dynamisme.

Le début des années 1860 correspond aux premiers pas de l’industrialisation de la Martinique : c’est à cette période que s’installent dans l’île des institutions de crédit qui vont permettre l’implantation et le développement des « usines centrales », spécialisées dans la fabrication du sucre. L’économie de la Martinique est alors fortement dépendante du sucre et du rhum, qui représentent près de 90 % de ses recettes d’exportation.



En 1946, avec la départementalisation, on assiste à une élévation progressive du pouvoir d’achat des Martiniquais. A la fin des années 1960, la baisse du prix du sucre, sur les marchés internationaux, va provoquer une crise de production qui verra la disparition progressive des usines centrales. La culture de la banane se développe alors, prenant le relais de la canne à sucre dans la production agricole et dans les exportations. Dans la seconde moitié des années 1970, le secteur industriel de la Martinique entame un développement basé sur le principe de la substitution aux importations. Ce phénomène d’industrialisation sera renforcé dès le début des années 1980, avec une augmentation des investissements et des créations d’entreprises.


Un secteur essentiel pour l’économie locale
Les chiffres illustrent le poids du secteur industriel dans notre économie : 135 entreprises qui emploient plus de 4.200 personnes et réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 1,4 milliard d’€ ! L’industrie martiniquaise regroupe huit secteurs d’activités : Agroalimentaire, Ameublement, Accessoires bateaux & autos, Chimie & Matières plastiques, Energie, Imprimerie/Papier/Bois, Matériaux de construction et Travail des métaux. Longtemps spécialisé dans l’agro-industrie, le secteur industriel local s’est diversifié progressivement face à la nécessité de fabriquer sur place des produits jusqu’alors importés. Parmi les secteurs en pleine croissance, c’est celui des « Matériaux de construction » qui occupe la première place, en affichant le 2e chiffre d’affaires de l’industrie, après l’Agro-alimentaire. Le secteur « Ameublement » connaît lui aussi une évolution importante depuis quelques années avec l’apparition de nouveaux produits et de nouvelles techniques, pour la fabrication de meubles, cuisines, salles de bains, placards, mobiliers de bureau, etc. Le secteur du « Travail des métaux » connaît également un développement important avec deux activités principales : la fabrication de menuiseries et de fermetures métalliques, et la fabrication de constructions métalliques.

 

Une industrie combative mais fragile
L’industrie martiniquaise est récente, si l’on excepte les usines sucrières du XIXe siècle. Ce n’est, en effet, qu’à la fin des années 1960 que se développent de nouvelles unités industrielles. Un développement qui s’est accentué avec les différentes lois de défiscalisation. L’industrie de la Martinique relève au quotidien le défi de la performance et de l’excellence. Au cœur de la stratégie de l’entreprise industrielle, la satisfaction du client est le point de convergence des nombreuses étapes allant de la valorisation de la matière première à la mise sur le marché du produit fini. Néanmoins, l’étroitesse du marché local et l’insularité sont autant de facteurs pénalisants pour ces entreprises qui doivent s’orienter vers de nouveaux marchés, en particulier le bassin caribéen qui a permis à certaines activités de développer des exportations ou parfois d’implanter des établissements, et les marchés européens friands de produits exotiques.

 

Préparer l’avenir
L’année 2009 s’est achevée en laissant de profondes cicatrices dans l’économie locale. Depuis 2010, l’industrie martiniquaise poursuit ses objectifs de développement même si l’optimisme des chefs d’entreprise reste très mesuré. L’industrie de la Martinique, si elle est fragile, n’en demeure pas moins combative et dynamique. D’année en année, on le voit notamment en matière d’investissements, les efforts que doivent consentir nos entreprises industrielles pour rester compétitives face à l’importation sont de plus en plus importants. Beaucoup d’exigences concourent en effet à maintenir cette compétitivité : le prix des produits bien sûr, mais aussi la qualité, l’adéquation aux attentes du consommateur, la modernisation des organisations et des procédés, la formation des hommes, le dialogue social, le respect de l’environnement...

 

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